Grogne à Kisangani, 22 août 2025 – Le Collectif des propriétaires d’échoppes et commerçants boyomais œuvrant aux alentours du Marché Central de Kisangani, sur l’avenue du Commerce dite » Sens Unique-Litete « , a adressé ce vendredi un mémorandum au Maire de la Ville. Dans ce document, dont une copie est parvenue à la rédaction de Kwetufm.net, ces commerçants dénoncent une démarche « antisociale, perturbatrice et dangereuse », orchestrée selon eux par un certain Jean-Michel Ainonga, se présentant comme gestionnaire de la famille de l’ancien Chef de l’État, qui aurait saisi la justice en vue de leur délogement du site dit Garage Renault à Makiso.
Le Collectif s’insurge contre ce qu’il qualifie d’« irrégularité en violation de la loi », rappelant que leur présence sur ce site date de 1999, avec autorisation et documents officiels de la mairie.

S’exprimant devant la presse, le porte-parole du Collectif, Philémon Tshomba, a rappelé que ;


« c’est la mairie de Kisangani, en tant qu’entité publique de l’État, qui nous a installés ici. Voilà 26 ans que nous travaillons sur ce site. À notre grande surprise, un prétendant vient aujourd’hui nous dire de quitter, alors qu’en son temps la mairie elle-même utilisait cet espace comme dépotoir des immondices. Quelle vaste blague ! », a-t-il lancé.
De son côté, le Conseil du Collectif, Maître Fréddy Kibaya Bahuma, s’appuie sur le principe de la prescription trentenaire en droit foncier congolais, affirmant que ce lopin de terre, domaine public appartenant à l’État via la mairie, ne saurait faire l’objet d’une réappropriation privée.

Plus de 25 propriétaires commerçants brandissant des titres et autres documents dé’occupation dite précaire ainsi que de batis affirment avoir régulièrement payé leurs frais d’occupation auprès de l’État, via la DGRAD, ainsi que les autres taxes légales.


Ne sachant où y aller et ne pas être prêts de quitter ce lieu ils expriment leur colère ainsi catégoriquement de ne pas céder le site qui fait vivre plusieurs familles et permet à la population de se ravitailler en produits de première nécessité. En déposant leur mémo au secrétariat de l’Hôtel de Ville, ces Congolais interpellent directement le Maire de Kisangani, le Gouverneur de la Province, Me Paulin Lendogolia, et même les autorités nationales, afin de stopper « une démarche qui, si elle aboutissait, plongerait la ville dans une grave impasse sociale ».
Conformément au droit congolais, le principe de la prescription trentenaire (article 2229 du Code civil livre III) consacre le droit de propriété acquis après une occupation paisible, continue et publique durant 30 ans. Le Collectif estime donc que leur présence, encadrée par des documents officiels de la mairie et le paiement régulier des taxes, constitue un droit légitime que nul ne saurait contester.
Jason LOHOSE
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