Le Haut-Uele est pris dans un paradigme politique contre-productif : luttes intestines, rivalités de leadership, conflits d’intérêts. Ce climat de division freine toute possibilité d’influence réelle sur la scène nationale. Alors que d’autres provinces avancent avec des fronts unis, le Haut-Uele continue d’évoluer en ordre dispersé, affaiblissant sa représentativité dans les institutions et entreprises du pays.
Dans ce contexte, les postes politiques et techniques au niveau national échappent aux ressortissants de la province, faute d’une stratégie concertée, de coup bas et d’un minimum de consensus entre les leaders politiques.
Raymond Aron, philosophe politique, affirmait que la force d’une collectivité réside dans la capacité de ses élites à transformer leurs divergences en projets communs. Il ne s’agit pas d’unanimité, mais de maturité politique. Le Haut-Uele a besoin de cette hauteur de vue pour peser dans les équilibres nationaux.
Plus récemment, Chantal Mouffe, théoricienne du pluralisme agonistique, plaide pour un espace de confrontation saine entre visions politiques opposées, à condition qu’il existe un cadre commun de respect, de loyauté et d’objectifs partagés. Cette approche est pertinente pour notre province : la pluralité n’est pas un problème, l’absence de cadre l’est.
Face aux enjeux politiques nationaux, le Haut-Uele doit sortir de ce paradigme de division chronique. Cela implique, d’abord, la création d’un cadre permanent de concertation politique inter-acteurs, capable de coordonner les positions et les priorités provinciales. Ensuite, l’adoption d’une feuille de route stratégique commune pour les enjeux de représentation nationale. Enfin, l’instauration d’un pacte d’engagement public entre les leaders politiques du Haut-Uele, fondé sur l’intérêt général et l’obligation de résultats.
Le Haut-Uele ne pourra exister au niveau national que s’il apprend à parler d’une seule voix, avec plusieurs accents.
Jules MAGBAY ATUBA
La rédaction
